Ces propriétaires qui n'arrivent pas à vendre leur bien


Ces propriétaires qui n'arrivent pas à vendre leur bien
Le 01/02/2023

De plus en plus de propriétaires immobiliers peinent à vendre leur bien, conséquence d’un marché qui comment à stagner, voire à baisser dans certaines zones.


À 66 ans, Fabricia Lasne et son mari cherchent un acquéreur pour leur maison de 200 mètres carrés près de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), qu’ils veulent quitter pour un logement plus petit et plus facile à entretenir. L’annonce est en ligne depuis un an et ils n’ont reçu aucune offre. « Les gens qui viennent visiter sont en majorité des personnes âgées. Ils trouvent la maison très belle, le jardin impeccable, mais c’est la superficie qui les dérange, pour l’entretien quotidien », raconte Fabricia. « Il y a des jours où le moral est bien bas. »


Même problème pour Odile et Jacques, un couple de retraités qui, depuis un an et demi, cherche à vendre sa grande maison familiale du Périgord pour se rapprocher de ses enfants, en région parisienne. Là encore, des visites mais aucune offre pour cette propriété de 230 mètres carrés proposée à 519 000 euros, frais d’agence compris. « Si, une qui faisait une négociation à moins 70 000 euros. Donc on a dit non tout de suite ! », confie Odile, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. « On ne veut pas non plus brader ce bien, et plutôt attendre quelques mois pour voir comment le marché va réagir », explique son époux, reconnaissant que « le marché n’est tout de même pas très florissant ».


Les délais de négociations s’allongent


Après des années de hausse continue, les prix commencent à stagner, voire à baisser dans certaines zones, comme en région parisienne. La remontée des taux d’intérêt, conjuguée à la réglementation sur le taux d'usure, qui interdit aux banques de prêter au-delà d’un certain taux d’endettement, y est pour beaucoup, car elle exclut des acquéreurs du marché. Conséquence : ces derniers négocient davantage avant de signer.


« Les délais et les négociations sont plus longs, les discussions portent sur beaucoup de détails et les vendeurs sont restés sur une estimation immobilière qui date un peu », explique Élodie Frémont, présidente de la commission statistiques immobilières des Notaires du Grand Paris. « Entre le moment où le vendeur prend conscience que le prix est décalé par rapport au marché et celui où il l’ajuste, cela prend du temps », relève quant à lui le président de Century 21 France, Charles Marinakis.


L’effet passoires thermiques


Selon son réseau d’agences, en Ile-de-France, les délais entre la publication d’une annonce et la signature d’un compromis de vente se sont allongés de deux jours pour les maisons et de six pour les appartements. Et nettement plus à Paris et sa petite couronne. « Il y a de l’attentisme côté acquéreurs, et du coup ça se répercute sur les vendeurs », témoigne Romain Gonzalez, directeur d’une agence Guy Hoquet à Issy-les-Moulineaux. « On a beau anticiper depuis août, en leur disant que ça va baisser, tant que ça n’est pas figé, écrit partout, ça ne baisse pas », dit-il.


À cela s’ajoute la réglementation sur les passoires thermiques, dont nombre de professionnels redoutent qu’elle fasse chuter le prix des biens concernés. « L’effet passoires thermiques, on l’a vu énormément sur les petites surfaces, studios, deux-pièces », plus souvent voués à la location, explique Élodie Frémont. Tendance qu’elle a aussi constatée sur les maisons. « Les gens sont regardants sur l’économie énergétique », dit-elle. Mais là aussi, les prix de biens ayant besoin de travaux tardent à baisser. « Les vendeurs, à date, ne sont pas encore disposés à défalquer ce coût du prix » de vente, constate Charles Marinakis.








Partager ce contenu